Internet Artifacts - Une plongée nostalgique dans les trésors oubliés des débuts du WEB | Insolite | Le site de Korben
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Internet Artifacts - Une plongée nostalgique dans les trésors oubliés des débuts du WEB

par Korben ✨ -

Vous êtes vieux, je suis vieux et on a tous connu Internet à ses débuts. Mais on a tendance à oublier certains petits détails. Comme le son hypnotique du modem 56k qui tentait désespérément de se connecter pendant que vos parents hurlaient qu’ils attendaient un appel important. Ou ces magnifiques pages perso Geocities avec leurs fonds étoilés et leurs compteurs de visites.

C’est pourquoi aujourd’hui, je vous propose de vous rafraîchir la mémoire avec cette archive mise en ligne par Neal Agarwal qui présente une collection chronologique des “artefacts” qui ont marqué l’histoire d’Internet, depuis les premiers jours d’ARPANET jusqu’à la présentation de l’iPhone en 2007.

Ce site, sobrement intitulé “Internet Artifacts”, est une véritable machine à voyager dans le temps. Vous allez voir, c’est comme déterrer une vieille disquette qui contiendrait tous vos souvenirs d’adolescence. La navigation se fait par défilement horizontal avec une interface qui simule délibérément les temps de chargement lents de l’époque (ça fait partie du charme) et le voyage commence en 1977 avec une carte d’ARPANET montrant les 111 terminaux connectés à ce réseau militaire qui deviendrait plus tard notre Internet.

On y découvre aussi que le premier spam de l’histoire a été envoyé en 1978 par un certain Gary Thuerk pour vendre des ordinateurs. Le gars se serait fait engueuler par l’agence de défense américaine, mais aurait quand même vendu pour 13 millions de dollars de machines. Pas mal comme ROI pour un mail pourri, non ?

Et savez-vous d’où vient le premier smiley ? C’était en 1982, quand Scott Fahlman a proposé d’utiliser :-) et :-( pour distinguer les blagues des messages sérieux sur un forum universitaire. Un truc tout con qui a révolutionné notre façon de communiquer. J’ai même du mal à imaginer un monde sans émojis maintenant…

Le site nous rappelle aussi que le premier MP3 de l’histoire était “Tom’s Diner” de Suzanne Vega, choisie comme cobaye par l’inventeur du format car la voix humaine était particulièrement difficile à compresser. Si vous avez déjà galéré avec Napster ou AudioGalaxy pour télécharger des MP3 à 128kbps qui mettaient trois plombes à arriver, vous savez à quel point cette invention a changer notre rapport à la musique !

Parmi les autres pépites, on trouve aussi le premier site web créé par Tim Berners-Lee en 1990, hébergé sur un ordinateur NeXT avec une note manuscrite: “Cette machine est un serveur. NE PAS L’ÉTEINDRE !!” Y a des choses qui changent pas.

La première webcam? Elle filmait une cafetière à l’Université de Cambridge pour que les chercheurs puissent savoir s’il restait du café sans bouger leurs fesses de leur bureau. La flemme, déjà mère de toutes les innovations.

Le site nous fait aussi revivre l’évolution des plateformes qui ont marqué notre vie en ligne: Yahoo! (qui s’appelait à l’origine “Jerry’s Guide to the World Wide Web”, pas très vendeur), la première commande sur Amazon en 1995 (un bouquin sur l’IA, évidemment), la naissance de Napster, de Google, et même la création de Friendster puis MySpace avant “TheFacebook” qui exigeait encore une adresse email universitaire.

Impossible également de ne pas sourire en revoyant le Dancing Baby, cette animation 3D flippante qui est devenue l’un des premiers mèmes viraux avant même que le mot “mème” n’existe. Ou la page Hampster Dance avec ses rongeurs animés sur un fond coloré qui a attiré 17 millions de visiteurs. C’était ça, la viralité à l’époque : pas besoin de TikTok ou d’algorithmes sophistiqués, juste des hamsters qui dansent en boucle.

Et puis il y a des trucs plus obscurs mais tout aussi importants, comme Zombo.com, ce site parodique qui vous accueillait avec une voix grave promettant “Welcome to Zombo.com, you can do anything at Zombo.com, the only limit is yourself”. Un site qui se moquait des intros Flash inutiles mais qui est lui-même devenu culte. La grande classe.

Maintenant quand on navigue dans ces artefacts, on est frappé par deux choses. D’abord l’incroyable inventivité de ces pionniers qui ont tout créé à partir de rien, et ensuite le contraste saisissant avec notre web actuel. On est passés d’un Internet décentralisé, artisanal et un peu foutraque à des plateformes léchées, optimisées et souvent uniformisées.

Et cette archive s’arrête judicieusement en 2007 avec la présentation de l’iPhone par Steve Jobs, ce “communicateur Internet révolutionnaire” qui allait effectivement tout changer. Comme si Neal Agarwal nous disait: “Voilà, après ça, c’est une autre histoire qui commence.” Et je pense qu’il n’a pas tort.

Alors, avant de fermer cette page web, prenez quand même 5 minutes pour explorer ce musée du web car c’était quand même la belle époque ! Pour ma part, ça impliquait un 486 DX2, un modem externe US Robotics, et une connexion qui sautait dès que quelqu’un décrochait le téléphone à la maison. Et dire que je me sentais comme un dieu quand je réussissais à télécharger une image JPEG en moins de 2 minutes !

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