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Internet limité – La débandade

Le coup de buzz de ce week end, c’était le débusquage par Owni des manigances entre Orange, SFR et Bouygues pour faire passer en fourbe des abonnements internet limités. Pour un résumé de la chose, j’en ai parlé ici.

Et ni une, ni deux, les communicants des grands FAI de France y sont tous allé de leur petit laïus rassurant…

On commence par les non-comploteurs :

  • Numéricable : « Numericable n’est en rien associé aux réflexions en cours concernant la limitation des usages de l’internet fixe »
  • Free : « Cela irait à l’encontre des fondamentaux de la société »

Et maintenant j’enchaine sur le Triumvirat…

Dans la journée, j’ai reçu un communiqué de presse de Bouygues qui disait : « Bouygues Telecom dément avec force tout projet de cette nature concernant ses offres fixes Bbox »

Quelques minutes plus tard, c’est SFR qui s’est fendu d’un tweet : « Fin de l’Internet illimité sur les lignes fixes : pas de projet en ce sens chez SFR »

Pour finir avec le bouquet final, Orange qui a tweeté tout simplement : « La fin de l’Internet fixe illimité n’est pas à l’ordre du jour chez Orange France »

AH ! NOUS VOILÀ RASSURÉS !!!

Dans ce cas, comment se fait-il que ces 3 là, travaillent dans le cadre de la FFT (Fédération Française des Télécoms) sur des forfaits d’Internet limité ?

Mystère…

Mais même si les contres feu de SFR, Orange et Bouygues sont de toute beauté, le plus beau foutage de gueule reste quand même Yves Le Moël, DG de la FFT qui a accordé une interview au Figaro.

https://korben.info/app/uploads/2011/08/14417871jpeg_preview_large5.jpg

Même si ma maman m’a appris à ne jamais frapper un homme à terre, je vais quand même vous citer quelques passages :

Il commence d’abord en disant : « Aucun opérateur n’a de projet en ce sens aujourd’hui« . Ça OK, ils viennent tous de le dire.

Et la phrase d’après, il embraye sur : « Les présidents des grands opérateurs ont simplement dit ces derniers mois qu’ils iraient vers la différenciation de leurs offres« .

Alors, oui, vous jouez sur les mots, sur les concepts… Les offres illimités seront toujours présentes, mais elles seront concurrencées en parallèles par d’autres offres d’internet limité… On avait compris la subtilité…

Toutefois ce que je lis à travers cette interview, c’est que les opérateurs n’ont pas de projet en ce sens aujourd’hui, mais que demain, ils les auront quand même… Et le monsieur tente de nous rassurer en donnant sa parole que les prix n’augmenteront pas.

Ahaha mais qui le croit ?

Et quand on lui demande qui seront les clients concernés, il répond : « Ces 5% à 10% de consommateurs qui utilisent 80% de la bande passante, car ils passent leur temps à télécharger des films, font de la vidéo en permanence, passent la journée sur Facebook avec de la vidéo, YouTube, Dailymotion. »

Ah ok, donc les 5 à 10% de gens qui utilisent internet pour autre chose que de checker un mail La Poste et regarder la météo… Je ne sais pas pour vous, mais je dois faire parti de ces 80%. D’ailleurs, pour rigoler, on va faire un petit sondage.

Vous reconnaissez-vous dans sa définition ? Moi oui 🙂

[poll id= »14″]

Donc, malgré les annonces bidons des FAI qui expliquent qu’ils ne vont pas limiter le net, le président de la FFT explique finalement que si… Mettez vous d’accord les mecs !

Moi je vais vous dire comment ça va se passer… Ils vont attendre que ça se calme, et dès qu’il y aura un autre buzz sur le devant de la scène (pas en août quoi…), ils en profiteront pour faire passer en douce les premiers forfaits discount Internet limité à pas cher. Les offres illimitées seront toujours là mais les gens s’abonneront aux offres limitées parce que c’est bien moins cher, et s’habitueront à consommer du net limité. Ensuite, paf, ils obligeront les gros consommateurs à basculer sur des forfaits plus chers. Ça gueulera mais ils se boucheront les oreilles… Puis ils finiront pas augmenter de manière globale les prix, tout doucement, année après année. Les forfaits à 30 euros seront alors des forfaits limités de partout, bas de gamme et les forfaits illimités ou bien gonflés tourneront vers les 100 euros par mois. Je délire peut être mais je le sens bien comme ça.

En gros, en essayant de dégonfler le lièvre levé par Owni, on remarque juste qu’ils nous prennent tous pour des cons. Pourquoi leur faire confiance ?

Comme le dit Yves, « Les Français ont beaucoup de chance« . Arf !

Pour conclure, je vais copier coller ce texte publié sur Pastebin par Anonymous59 qui comme son pseudo l’indique est un anonymous qui est ch’ti, donc probablement un bon gars et qui résume parfaitement la situation ! (+ ça à lire aussi pour la route)

Ø – Objectifs de ce texte

L’objectif est bien entendu de vous éclairer sur le buzz du week-end, à savoir la polémique sur une éventuelle fin des forfaits Internet fixe illimités. Mais je poursuis un autre objectif, à plus long terme ; vous aider à vous informer sur un outil (Internet) que vous utilisez pour la plupart un grand nombre d’heures par jour sans vraiment le connaître. Quelle drôle d’attitude. Mieux connaître les choses aide à mieux les maîtriser, et à ne pas vous laisser vous faire rouler dans la farine.

Vos chers députés sont ignares en manière de nouvelles technologies, d’où leurs propositions foireuses (cf. HADOPI). Cela ci, c’est peut-être mieux ainsi, car s’ils maîtrisaient la question et pas vous, le rapport de force défavorable pour vous serait vite lourd de conséquences en matière de législation.

Dans le privé, c’est déjà le cas pour la plupart des gros FAI ; ils connaissent leur boulot, connaissent l’ignorance des utilisateurs, et en roulent chaque mois des millions dans la farine.

Je n’ai pas la prétention de vous dicter votre attitude. Mais je souhaite que vous décidiez en toute connaissance de cause.

I – Comment l’information est apparue et s’est propagée, puis les réactions

1) La news initiale
a) Lancée via owni.fr

C’est le site Owni.fr qui lance le pavé dans la mare. Ce site pas énormément connu a réussi à se procurer un document de la Fédération Française des Télécoms, qui devait être envoyé à l’ARCEP en réponse à la consultation de cette dernière, qui portait sur la neutralité du net.

Le document décrit brièvement des forfaits Internet fixes qui ne seraient plus illimités. Trois types de limites sont envisagées. Même si ce n’est qu’un projet non destiné à la presse, cet article fait alors beaucoup de remous…

b) Relayée par des sites plus connus

D’autres sites reprennent la news d’Owni.fr, sans mener d’investigations supplémentaires.

Ces sites ont une crédibilité accrue, mais n’ajoutent pas de contenu.

2) Qui est impliqué ou non dans ce projet ? Quel est le statut de chacun ?
a) La Fédération Française des Télécoms

Elle est censée représenter les principaux FAI de France. Ses membres notables actuels sont surtout Orange, SFR et Bouygues Télécom.

C’est la FFT qui est à l’origine de cette idée : la fuite provient d’un de leurs documents à destination de l’ARCEP. On peut donc penser en toute légitimité que les membres de la FFT se sont mis d’accord pour travailler sur un tel projet, dans la mesure du possible.

b) Le trublion Free

Free, FAI notable, a quitté la FFT il y a quelques années. La société estimait que ce regroupement servait surtout les intérêts des « trois gros » (Orange, SFR, Bouygues Télécom). Les offres de Free ne sont donc pas concernées, lorsque la fuite paraît sur Owni.fr. De plus, Free a la réputation méritée d’être un véritable trublion des FAI, faisant dans la surenchère de concurrence pour mettre une pression permanente aux autres entreprises du secteur. Pas le genre d’entreprise à s’allier avec autrui au détriment des clients…

Néanmoins, il faut tout de même noter que Free est moins subversif qu’il y a quelques années. En effet, le FAI a dû « se ranger » pour paraître « respectable » aux yeux du gouvernement, qui chapeautait l’attribution des licences 3G. De plus, les geeks sont – pour la plupart – depuis longtemps chez Free ; conquérir le marché, depuis quelques années, c’est cibler Mme Michu, ce qui s’accompagne de sacrifices, comme l’abandon d’une image décalée. Autre réalité qui rappelle Free à l’ordre : le besoin de liquidités pour le projet Free Mobile. L’heure n’est franchement pas à la subversion…

En matière de neutralité du net, Free a – exceptionnellement – une position plutôt douteuse. Mais il est très improbable que ça aille jusqu’à mettre fin à l’illimité fixe.

On zappera Alice, qui est assimilable à Free dans les faits (même maison mère).

c) Numéricâble à l’écart

Numéricâble aurait quitté la FFT récemment. Le FAI n’a pas vraiment un passé subversif, mais rien n’indique qu’il se joindra à l’initiative des autres FAI, lorsque la fuite a lieu. Il est d’ordinaire plutôt discret en matière de déclarations presse.

d) Les « ADSL-VNO »

Ce sobriquet est à destination des « petits » FAI du marché, comme Darty Télécom, Auchan Box, etc. Pourquoi ce surnom ? Car on peut les assimiler à des « MVNO du fixe », des opérateurs qui n’ont pas de réseau propre et qui louent celui d’un opérateur « physique ». En raison de leur nature, ils ne pèsent pas lourd dans la balance, car ils sont soumis au FAI qui leur loue leur réseau (quand ils ne sont pas de pures filiales de ces FAI !). Le changement des prix de gros conditionnera les prix qu’ils proposent.

e) La place des FAI associatifs

Très peu connus du grand public, les FAI associatifs sont des associations à but non lucratif (loi 1901 par définition) qui lancent leur propre offre ADSL. Comme il se doit en matière d’associations, les prestations sont réservées à leurs adhérents, on n’est donc pas « client » mais « membre » d’un tel FAI. Les tarifs sont les prix réels ; ils sont dans la moyenne haute (certaines entreprises vendent des abonnements clairement à perte, contrairement à une association).

FDN est le seul FAI national actuel. C’est le plus vieux FAI français encore actif.

Les FAI associatifs sont totalement indépendants des FAI commerciaux, ils sont réellement à part. Néanmoins, ils n’ont pas leur propre réseau physique (ça leur coûterait trop cher) et doivent donc signer un contrat de collecte avec un FAI commercial, qu’il soit pour particuliers ou pour entreprise. C’est leur seule vulnérabilité : FDN avait un contrat de collecte avec SFR, mais ces derniers l’ont interrompu sans explications, l’association a eu la chance de trouver un autre contrat de collecte chez Nerim, sans quoi leur avenir était compromis.

En bref, si l’Internet illimité qu’on connaît devait tomber, le dernier rempart serait les FAI associatifs. Mais ces derniers pourraient être vaincus par le biais des contrats de collecte, devant abdiquer ou mourir financièrement.

3) L’investigation journalistique sur le sujet

Un sujet aussi brûlant, une source encore incertaine : tout pour attirer les médias !

a) Orange confirme l’information !

Certains croyaient encore au fake, ou à l’erreur. En effet, Owni.fr n’est pas bien connu, et quelques gros médias n’ont fait que reprendre l’article. Et là, c’est le drame ; Orange est contacté et confirme prudemment !
Hors de question de nier le fake, à présent, du moins pas pour ce projet (quant au fait de savoir si ça sera mis en place, c’est une autre histoire) ! Orange n’a non seulement pas nié, mais a carrément confirmé…

b) Du côté de SFR et Bouygues, silence radio.

Rien n’a filtré dans les médias en ce qui concerne ces deux FAI. Cela dit, le document de la FFT et la position d’Orange sont sans équivoque : à l’heure de la rédaction du document, SFR et Bouygues Télécom étaient partants, étant membres de la FFT et étant peu concurrents entre eux et vis à vis d’Orange.

c) Free et Numéricâble rejettent l’idée.

Autre rebondissement : également contactés, Free et Numéricâble rejettent l’idée, pas vraiment en bloc, mais sans ambiguïté lourde.

La position de Free n’est guère surprenante. Quant à celle de Numéricâble…il faudrait étudier les raisons de leur départ récent de la FFT.

4) Le rattrapage médiatique – « Que pour le mobile » ?
a) Tentative de rattrapage, la proposition ne concernerait que le mobile ?

Suite à cela, d’autres déclarations sont récoltées de la part d’Orange, et il semblerait que le fait que cela concerne les abonnements fixes soit démentis. Aussitôt, des trolls enragés viennent marteler que ceux qui se méfient ont tout faux, que ça ne s’appliquera qu’au mobile, que le fixe serait indemne de toute tentative de rentabilisation à outrance…

b) Absurde ! Le document de la FFT évoque l’ADSL et le fixe. Les mobiles sont déjà limités.

Hé oui. Tout d’abord, TOUS les forfaits data mobile sans exception sont déjà bridés / limités, en France, en dépit de l’étiquette marketing « illimité ». De plus, le document qui a fuité est très clair…

Anéfé, de l’ADSL via mobile. A quand la FTTH via mobile, pour avoir des débits foudroyants ?

Entre les déclarations à la presse et les projets internes d’une entreprise, il y a tout un monde, ne l’oubliez jamais…Prenez comme exemple le moment où Free a lancé les appels illimités vers les mobiles. Orange n’a pas suivi au début, et ont même prétexté que leurs clients ne demandaient pas de telles offres (!). Plus tard, ils se sont curieusement alignés, malgré le fait que « leur clients n’en voulaient pas ». Finalement, les clients n’ont pas semblé être mécontents de cet illimité. Orange a suivi, alors que dans la presse, ils affirmaient que Free serait isolé sur le coup.

5) Le gouvernement réagit au projet
a) Un véto vis à vis de cette idée…

Le gouvernement refuse clairement de céder du terrain aux FAI. Il est catégorique : les efforts doivent aller dans l’autre sens.

b) …proche des élections présidentielles ?

Cessons d’être naïfs, les élections présidentielles approchent. Le gouvernement n’a pas été tendre envers Internet, depuis pas mal d’années. Un nombre record de taxes se sont accumulées sur les FAI (et ont parfois été répercutées sur l’utilisateur final), des mesures coercitives se sont mises en place (on ne présente plus HADOPI), l’ouverture à la concurrence dans le data mobile est délicate (4ème licence 3G)…

Nul doute que le gouvernement ne sera plus très enclin à préserver les prix des forfaits une fois les élections terminées. Ou il mettra fin à la frénésie de la FFT…pour encaisser eux-mêmes de nouvelles taxes toutes fraîches sur les opérateurs. Le salut ne viendra pas de l’Etat et des politiciens.

II – A propos de l’idée même d’un Internet limité

1) Faisabilité technique et principe
a) Principe des trois limitations des forfaits Internet

Trois angles d’attaque sont étudiés, dans le fameux document.

La première cible – cible principale à vrai dire – est la quantité de données échangée par mois, qui serait limitée. On s’attardera essentiellement sur cette mesure, par la suite. Concrètement, en négligeant l’upload (surtout dans un forfait ADSL de particulier), cela voudrait dire qu’on ne pourrait pas télécharger plus de x Go par mois. Au delà, la connexion serait ralentie, coupée, ou il y aurait surfacturation. Ce serait un véritable retour en arrière d’un point de vue progrès. Le but est de soulager les réseaux. C’est très inspiré du monde des forfaits 3G.

La seconde cible est le débit maximal de pointe. On vous vend des forfaits à « 28 mégas », le plus souvent : c’est cela, le débit de pointe. Le but est soit de générer davantage d’argent (en vendant plus chers les forfaits « débridés » artificiellement, sans justification technique), soit de soulager les réseaux (ça a un léger impact). La proposition vise donc à brider ces débits maximaux.

La troisième cible sont les protocoles qui gênent le plus les FAI, en l’occurrence la VoIP (téléphonie via IP), le Peer-to-Peer (utilisé massivement pour des téléchargements illégaux – mais pas que) et les Newsgroups (pareil que le P2P). Il s’agirait tout bonnement de les bloquer, comme cela se fait déjà dans le monde du mobile (pas toujours, ils sont parfois « juste » interdits mais pas bloqués dans les faits). Le but recherché est identique à celui de la première cible, à savoir réduire le volume de données échangées. Il faut savoir que le téléchargement (à fortiori illégal) via P2P et Newsgroups représentent près de 50% du trafic Internet mondial, c’est un énorme consommateur de bande passante ! Cela dit, cibler à la fois les données brutes et les protocoles gourmands est une approche novatrice…dans la stupidité. Il ne s’agit même plus de regression, car la combinaison des deux n’a jamais existé auparavant. Quant à la VoIP, c’est encore pire, car la justification de son interdiction sur les réseaux mobiles, c’est le fait que le protocole permet de passer des appels low-cost via Internet (le plus souvent gratuits, en fait). Un désastre, car le client n’utilise plus le forfait GSM acheté à prix d’or ! La VoIP ne consomme quasiment rien en bande passante, sa restriction est donc purement une question de profit maximal aux dépends du consommateur.

b) Une idée techniquement enfantine à réaliser

Certains se demandent si c’est réalisable. La réponse est « oui », et en prime, c’est honteusement simple ! L’ensemble de votre trafic Internet passe par votre FAI, souvenez-vous-en.

Il est donc enfantin pour eux de quantifier les données brutes qui passent par leur réseau, et au delà d’un certain nombre, de ralentir la connexion, de la couper ou de faire une surfacturation au kilo-octet près. Même Auchan Box pourrait mettre en place ceci !

2) Faisabilité vis à vis du consommateur
a) Un grand retour en arrière

Bien entendu, si les consommateurs étaient tous précisément au courant, dans le cas où ça se mettrait en place, ils en auraient très mal au fondement, et ne tarderaient pas à protester. Il s’agirait d’un énorme retour en arrière technologique, indésirable à l’heure où la France devrait être soucieuse de maintenir sa place de leader mondial de l’Internet, aux côtés de pays avancés comme le Japon. Le consommateur se fait souvent rouler, mais une régression passe très difficilement, normalement…

b) Mais des consommateurs habitués à cela

En effet, dans le secteur des télécom, où les gens sont généralement ignares (comme dans les nouvelles technologies en général), de telles restrictions envisagées pour l’Internet fixe existent déjà pour l’Internet mobile. Ce n’est donc pas une si grande nouveauté qu’on claquerait à la figure du consommateur. Ils ont déjà l’habitude, il ne s’agit « que » d’étendre une mesure préexistante d’un domaine vers un autre.

c) Des tactiques éprouvées en marketing et en politique

Il existe une tactique redoutable en marketing et dans le monde politique qu’on pourrait surnommer la technique « du coin de bois dans la porte ».

Explication : vous cherchez à ouvrir une porte, quelqu’un de l’autre côté n’en a pas la moindre envie. Si vous essayez directement de forcer, ce sera laborieux, difficile et sans doute infructueux. Mais en étant malin, en glissant un petit coin de bois dans l’entrebaillement de la porte, vous vous assurez une puissance de frappe décuplée, et vous ouvrirez cette porte. La difficulté est de réussir à entrebailler cette porte au début pour placer le coin de bois, mais c’est moins dur que d’ouvrir en grand la porte de prime abord.

Remplacez l’ouverture de la porte par une mesure très impopulaire. Remplacez « l’ouvreur » par celui qui impose la mesure, et le « fermeur » par la population, ou celui qui subit la mesure. Vous obtenez un bon parallèle permettant de comprendre la tactique. Le petit coin de bois, c’est une petite mesure, la mesure impopulaire revue en taille mini, et sans grande portée. Vous commencez peut-être à comprendre le principe…

Prenons maintenant un exemple plus concret, plus direct. Vous cherchez à créer une nouvelle taxe. Votre objectif est de 10%. Si vous tentez d’imposer directement cette taxe, ça sera l’échec assuré ! La grogne sera immense…En revanche, essayez de mettre en place la même taxe, mais avec un pourcentage de 1%, voire 0,5% pour un début. Insistez lourdement sur les montants minimes impliqués. Ca restera difficile, mais vous aurez de vraies chances de succès. Et si ça passe, vous aurez mis votre coin de bois avec succès, et vous pourrez l’exploiter : l’année suivante, ou deux ans après, vous revalorisez la taxe à 2%. Ca grogne un peu, mais beaucoup moins que d’instaurer une taxe directement à 2%. La même chose se produit les années d’après, et au final, on arrive à une taxe de 10% sans passer par une révolte populaire. Le risque étant que cela dépasse vos espérances, et qu’à votre retraite, la taxe soit encore boostée à 20% par vos successeurs !

La même chose se produit même en dehors de toute quantification : par exemple, on instaure un filtrage d’Internet pour lutter contre la pédopornographie. Ensuite, HADOPI exploite ce filtrage et l’étend aux contenus protégés. Enfin, une énième loi LOPPSI s’attaque au contenu politiquement sensible. Etc.

Voilà, vous avez mis le doigt sur une des tactiques fondamentales en politique, ce qui explique pourquoi il faut se battre becs et ongles contre ces « petits coins de bois » comme si c’était des forêts entières. Mais c’est aussi une stratégie marketing. Le rapport avec notre histoire de limitation d’Internet, c’est les propos d’Orange, lorsque leur porte-parole a confirmé l’hypothèse.

Ils tentent de rassurer les gens en mettant des plafonds élevés, en assurant que ça ne touchera que 1% de leurs clients. J’ose espérer que maintenant, vous le voyez, ce foutu petit coin de bois ! Une fois introduit, il sera exploitable, et le plafond baissera, le pourcentage augmentera…tranquillement…sans problèmes.

3) Faisabilité économique
a) Les FAI « limités », gagnants attendus

Comme je l’explique plus bas (et aussi un peu plus haut), ce projet aurait pour but d’enrichir davantage les FAI pratiquant ce genre de bridage. Eux seraient donc entièrement gagnants, économisant en frais de gestion du réseau et/ou touchant des suppléments de dépassement de forfait.

b) Peu ou pas de dommages sur l’e-conomie.

L’e-conomie (économie dépendant d’Internet) serait peu impactée, contrairement à ce qu’on a pu lire ça-et-là. Les e-commerçants sont basés sur un site web, or le surf consomme des quantités négligeables de bande passante. Si l’intégralité des usagers agissaient comme les kikoolols respectueux de la loi (pas de téléchargement illégal massif) qui va uniquement sur FaceBook, ce serait une mine d’or pour les FAI.

Les jeux vidéos consomment une bande passante plus soutenue, mais ils dépendent surtout du ping, à vrai dire. Il ne s’agit pas d’un téléchargement « toutes vannes ouvertes » en continu. Seules les plates-formes telles que Steam en souffriraient (pour le téléchargement intégrale de jeux vidéo), car elles font partie de la mouvance du cloud computing.

Les téléchargements illégaux génèrent un usage monstrueux de bande passante, mais ne rapportent guère d’argent. Toutefois, il faut nuancer, certaines études montrent que le téléchargement illégal sert parfois de publicité pour les contenus sous droits d’auteurs, on pourrait donc assister à un déclin de la consommation de tels contenus légaux.

Ce sont les plates-formes de cloud computing qui seraient asphyxiées par une telle mesure. Mais elles sont encore marginales. Globalement, l’économie virtuelle (et à fortiori, l’économie globale) en souffrirait peu.

4) Faisabilité concurrentielle
a) Les conséquences légales et concurrentielles d’un changement unilatéral de contrat

Beaucoup de gens semblent ignorer ce que peuvent faire telle ou telle partie d’un contrat avec ce dernier.

Ainsi, il existe une loi relative aux contrats dans les télécoms.

Contrairement à une certaine croyance populaire, les opérateurs télécoms PEUVENT imposer A TOUT MOMENT une modification UNILATÉRALE du contrat qui les lie à leurs clients. Toutefois, c’est une option risquée pour eux, car le client peut alors résilier le contrat gratuitement et sans aucune pénalité d’aucune sorte. Il aura quatre mois légaux pour ce faire. C’est suffisant pour que l’information se diffuse et que des résiliations massives aient lieu.

b) La FFT mène seule la bataille

On considère que Orange, SFR et Bouygues Télécom sont seuls dans leur combat. Orange a confirmé, SFR casse rarement les affaires de ses deux potes, et Bouygues Télécom…le profit à n’importe quelle condition est inscrit dans leurs gènes. Notez que malgré les déclarations de chacun, ce n’est PAS DU TOUT garanti ! Là encore, entre les propos en conférence de presse et les projets internes, il y a tout un monde, avec des abysses en prime.

Dans tous nos scénarios, on aura deux sous-scénario. Le premier : les consommateurs ne se rendent compte de rien, ne réagissent pas, etc. Dans ce cas, vous vous en doutez, ça ne change rien à la répartition des forces et la fin de l’illimité s’imposera. En revanche, si les consommateurs font jouer la concurrence selon ce nouveau critère…

Dans le cas où la FFT part seule à l’assaut, on observerait des résiliations massives (et gratuites pour l’utilisateur) vers Free et autres Numéricâble. Ce serait un véritable désastre pour les FAI de la FFT, ils devraient faire marche arrière en urgence et auront perdu nombre de leurs clients. Ce qui les dissuadera peut-être de se lancer seuls dans la bataille.

c) Numéricâble suit, pas Free

La probabilité que Free cède avant Numéricâble est quasiment nulle. Examinons la possibilité inverse.

Si les consommateurs jouent activement leur rôle, on aura des migrations massives pour Free. A noter qu’ils devraient pouvoir gérer ça, même avec un flux extrême d’abonnements ; contrairement à la plupart des autres FAI, ils dégagent une forte quantité de cash flow qu’ils ne reversent que peu aux patrons et actionnaires, ils investissent massivement, à la place. Les patrons et actionnaires ne tolèrent pas une pause dans leur rémunération, l’investissement, lui, peut être interrompu, le temps de dimensionner le réseau pour accueillir cette masse de nouveaux arrivants.

d) Numéricâble et Free suivent

C’est le scénario catastrophe, extrêmement improbable. La fin de l’illimité sera ineluctable, à moins d’un départ massif des français vers les FAI associatifs, ultra-marginaux à l’heure actuelle. Mais dans le pire des cas, même ces FAI associatifs devraient céder car leurs coûts de collecte seraient certainement revue à la hausse par les FAI commerciaux. Ca signifierait des heures très sombres pour l’Internet français.

e) Comment prédire les prises de position ?

Théoriquement, les décisions sont prises en interne longtemps avant de paraître dans la presse grand public, il est difficile de cerner parfaitement les intentions d’une société. Néanmoins, comprendre sa philosophie permet d’anticiper énormément.

Le monde de l’entreprise, ce n’est pas une succession de sociétés neutres et anonymes, remplies de patrons qui se goinfrent et se gavent. Ca, c’est le cliché de la CGT and co. En réalité, chaque entreprise a une philosophie qui lui est propre. Dans un monde utopique, le consommateur favoriserait les entreprises dont la philosophie lui convient le mieux, ce critère étant aussi important que le prix et rend le marketing futile. C’est la « façon d’être » d’une entreprise sur le marché. En effet, le but d’une entreprise est de générer de l’argent, mais il existe une myriade de méthodes ! De l’entreprise moyenne qui traficote juste un peu ses comptes à la grande entreprise respectueuse de ses salariés en passant par la PME qui bosse au black pour le bénéfice de ses clients, il existe une infinité de profils d’entreprises. Le but du consommateur étant de dénicher les sociétés qui garantissent au maximum ses intérêts, et de fuir celles qui cherchent à le manipuler. Rien n’est tout blanc ou tout noir, mais certains profils sont assez extrêmes…

Oui, fouiller dans le passé d’une entreprise, c’est un peu comme examiner les poubelles d’un particulier, c’est pas très glorieux mais c’est très informatif. En l’occurrence, si vous êtes un minimum avertis en nouvelles technologies, vous comprenez à quel point ces (anciennes) offres d’Orange sont scandaleuses (même à l’époque). Rien qu’avec ça, on peut déjà cerner un peu la philosophie d’Orange : grand groupe international qui vise le prestige et l’image de marque, qui exige de ses clients qu’ils passent bien à la caisse…et aussi, une entreprise qui n’hésite pas à pigeonner ses clients dès qu’ils sont ignares dans un domaine.

Vous seriez surpris de constater à quel point les mêmes comportements se répètent dans une même entreprise au fil du temps. L’histoire des télécoms est d’une aide inestimable pour prédire leurs actions. Bien entendu, la philosophie d’une entreprise peut changer, mais pas très vite, sauf cas exceptionnel genre rachat massif, etc. Certains disent que les entreprises ont telle ou telle attitude « dans leurs gènes ».

Une dernière chose pour conclure cette partie : malgré les déclarations de tous les FAI que vous pourrez lire dans la presse, n’oubliez pas la règle d’or : ne jamais rien croire dans la presse au sujet des FAI tant que ce n’est pas effectif. Il pourra toujours y avoir un revirement, facilement accepté par les consommateurs ! Ne prenez donc pas pour argent comptant les déclarations du FAI X disant qu’un bridage d’Internet est à l’étude, ou celles du FAI Y qui dément formellement. Fiez-vous à la philosophie d’entreprise, elle en dit long sur la vérité.

f) Une idée surprenante alors que les concurrents de Free sont sur le grill (Free Mobile)

Cette idée a de quoi surprendre, à vrai dire. Les « gros » opérateurs hors Free sont dans une situation très délicate, car Free menace (via Free Mobile) de leur infliger des dégâts sévères dans le domaine qui les financent ; la téléphonie mobile. C’est de là qu’ils alimentent leurs chéquiers gargantuesques. Dans ces conditions, il est assez étonnant qu’ils aient un projet qui aurait plutôt eu sa place dans une situation monopolistique (ou oligopolistique) très figée. C’est donner le bâton pour se faire battre par les consommateurs au rythme dicté par Free…

5) Précédents et situations similaires
a) Précédents en France

L’idée d’un Internet bridé n’a pas été inventée de toutes pièces par les FAI français. La limitation était la règle…si on remonte 10 ans en arrière. C’est pour ça qu’on évoque un prodigieux rétropédalage en cas d’application de cette idée. Toutefois, l’ADSL a très peu été soumis à des quotas, c’est essentiellement le câble qui en a eu longtemps.

Si on remonte en 2006 – ce qui n’est pas si vieux – on constate que Noos (l’actuel Numéricâble) commercialisait encore des forfaits incluant des quotas de données (pas plus de x Go par mois). Cela dit, même à l’époque, c’était considéré comme dépassé, obsolète. D’ailleurs, Noos a connu des heures extrêmement sombres.

b) Le cas des réseaux mobiles

En réalité, les FAI ne s’inspirent que très peu d’une époque oublié depuis longtemps. Ils piochent dans le présent, à savoir dans les forfaits Internet mobile. En effet, les limitations envisagées dans ce projet sont, pour la plupart, des copies des limitations officielles (quotas, interdiction de protocoles) et officieuses (plafonnement du débit de pointe) présentes dans le secteur mobile.

Regardez une offre mobile standard, vous verrez de telles limitations. Cela dit, dans le mobile, ça peut se comprendre : les réseaux 3G sont facilement saturables, or le nombre d’utilisateurs est en pleine explosion. Pour ne pas faire lâcher les infrastructures, il faut un minimum de régulation…Mais ce n’est alors pas normal de vendre de tels forfaits comme de l’Internet (alors que c’est du web) illimité (alors qu’il est bridé voire bloquable).

Ce qui est encore plus honteux, c’est que de telles mesures doivent être normalement prises en dernier recours pour assurer l’intégrité du réseau. Or, ne crachant pas sur un peu plus de fric à court terme, certains opérateurs mobile ont lancé la TV via mobile, un gadget d’une inutilité redoutable, et qui pompe une quantité faramineuse de bande passante ! Non, décidément, l’intégrité du réseau n’est pas vraiment leur préoccupation première.

c) Précédent similaire avec la « TVA mobile »

Ca mériterait d’être considéré comme un cas d’école.

Il y a quelques mois déjà, le gouvernement a augmenté la TVA (sous le couvert fallacieux de l’Europe – ce n’est pas le propos) pour les services de télévision. Ceci a touché les FAI fixes, mais aussi les opérateurs mobile, qui mettaient une partie de la facture mobile de quasiment tout le monde sous le compte de la TV, sous prétexte qu’ils offraient un service de TV via mobile (à noter qu’on les a peu entendus sur ce montage douteux) ! Or, cette part de la facture a augmenté mécaniquement, et les opérateurs mobile, trouvant qu’ils ne dégageaient pas une marge assez confortable, ont décidé de répercuter la hausse de cette TVA.

Il s’agit donc, comme dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, d’une modification unilatérale de contrat au détriment du consommateur. Intéressant, comme précédent (même si ici, c’est les prix qui augmentaient directement, le consommateur y est plus sensible). Les opérateurs mobile ont donc prévenu leurs clients un mois avant, comme l’impose la loi. Les clients ont eu immédiatement le droit de résilier gratuitement leur contrat d’opérateur mobile pendant 4 mois légaux. Ils ne pouvaient échapper à l’information, car la loi impose aux opérateurs de télécom de notifier leurs clients de ce « détail » si le mécanisme est appliqué.

Orange et SFR ont démarré immédiatement. Bouygues Télécom n’a pas prévenu ses clients tout de suite ; ils comptaient répercuter la hausse un ou deux mois plus tard, probablement pour des raisons stratégiques. Quoiqu’il en soit, aussitôt la résiliation gratuite permise, des flots de clients mécontents de leur opérateur ont résilié en masse pour venir gonfler le rang des MVNO (qui sont, certes, sur le réseau physique d’un des « trois gros »). Le nombre d’abonnés aux MVNO a tout bonnement explosé en un temps record.

Face à cette hémorragie terrible de clients vers des forfaits low cost (qui rapportent nettement moins aux opérateurs, même sur leur réseau physique), ils ont réagi en catastrophe et ont annulé la répercussion de la TVA mobile. Ceci a empêché les clients de résilier à compter de la notification d’annulation, et les fuites de clients ont cessé.

Bouygues Télécom en a profité pour tirer son épingle du jeu. Il faut reconnaître à l’opérateur mobile l’existence d’un service marketing d’une ingéniosité redoutable : ils ont déjà réussi à présenter une obligation légale comme un « avantage » de l’offre Bouygues Télécom dans un spot de pub. L’occasion ici était trop belle : ils se sont présentés comme le chevalier blanc au service du consommateur, encaissant la hausse de la TVA à leur place (vous avez certainement déjà entendu ce spot de pub).

Mais les véritables fauteurs de troubles sont bel et bien les MVNO…et les clients mécontents.

d) International – Bons et mauvais élèves

On peut en effet se demander ce qui se passe à l’international, voire s’en inspirer…

En réalité, compte tenu de sa situation géographique, la france est (ACTUELLEMENT) un élève exemplaire en matière d’Internet. Vraisemblablement grâce au rôle fondamental joué par le régulateur français des télécoms (l’ARCEP) et aussi sans doute grâce à la concurrence permanente induite par Free. A situation géographique égale, nos forfaits triple play sont tout bonnement imbattables. Même à situation géopgrahique en notre défaveur, par exemple face à la Belgique, la France domine aisément.

Regardons les meilleurs élèves, situation géographique ignorée. Il s’agit de petits pays (en superficie) tels que le Japon, où le déploiement d’un réseau FTTH est simplissime. Ce n’est pas appliquable de la même façon en France. Quant à la Corée du Sud, elle a aussi une surface réduite et un équipement de pointe, mais le gouvernement fait du zèle pour qu’il en soit ainsi. Un exemple qu’il faudrait peut-être suivre ?

En dépit de nombreux mythes qui existent encore, les USA n’ont pas les meilleures connexions Internet du monde, loin, très loin de là ! Le pays est en fait trop étendu. Le comparer à la France, c’est comme comparer la France au Japon. Aux USA, l’ADSL ne peut pas être déployé car les lignes RTC sont trop longues, l’atténuation altère l’intégralité du signal ADSL. La seule solution (commune) aux USA est donc le câble (ou la FTTH à l’avenir ?). Les américains dont ds forfaits assez chers, du coup. On peut facilement y trouver du triple play pour…100$ par mois. De plus, ils ont très souvent des quotas en volume de données imposés par leurs opérateurs.

Le modèle américain fait rêver les opérateurs français. Mais le modèle américain pour Internet n’a rien d’un rêve pour nous, consommateurs, il s’agit au contraire d’une terrible régression.

6) Pourquoi cela est-il profitable aux FAI « limités » ? « C’est quoi le prix d’Internet ? »
a) La justification de la FFT, acceptable ?

A vrai dire, la justification est beaucoup moins digeste que pour le mobile. Les FAI ont les moyens financiers de redimensionner leurs réseaux à la hausse sans avoir des frais (trop) exorbitants.

Néanmoins, pour ceux qui l’ignorent, je rappelle que les forfaits à « 28 mégas » qu’on vous vend, on sait pertinemment que vous n’allez pas utiliser le débit de pointe 24h/24. C’est comme pour l’électricité, l’ensemble des français peut être vu comme un utilisateur unique dont la moyenne de consommation peut se prédire. Grâce à des outils statistiques sophistiqués, les FAI savent que vous utiliserez collectivement, disons, jusqu’à 10% de votre débit maximal individuel au maximum. La répartition de charge se fait d’elle-même : quand une personne commence à surfer, une autre arrête. Bien sûr, il y a des heures pleines (les gens rentrent du boulot et vont sur Internet) et des heures creuses (pas grand monde en France à 4 heures du mat’), mais il suffit de dimensionner le réseau pour qu’il puisse faire face aux heures pleines, on ajoute une marge de sécurité, et c’est joué ! Dans le chiffre fictif que je donnais en exemple, ils vont dimensionner leur réseau pour savoir gérer 15% à 20% de votre débit de pointe individuel au maximum, et tout ira pour le mieux, alors que le réseau auquel on vous vend l’accès coûte 5 fois moins cher aux FAI qu’un réseau normalement dimensionné, et a une capacité 5 fois moindre.

Jusque là, tout est parfait dans le meilleur des mondes. Mais les outils statistiques dépendent d’un contexte. Lorsque celui change, paf, ça fait des chocapics ! Un petit exemple : l’accroissement du nombre d’utilisateurs d’Internet, et SURTOUT, les usages de plus en plus lourds et fréquents côté vidéo. Youtube pose un problème majeur aux FAI français, vous n’imaginez pas à quel point. Ceux-ci tentent déjà de le faire payer pour ça (alors que ce n’est pas juste, si on respecte la neutralité du net), sans trop de succès. La consommation globale augmente, et pour reprendre l’exemple ci-dessus, la consommation collective à l’heure de pointe dépasse les 15% à 20%, et on se retrouve avec un réseau surchargé, ce qui provoque des ralentissements majeurs.

Or, si les FAI régulent cette consommation à la source (au niveau du consommateur), tout rentre dans l’ordre. C’est parfaitement compréhensible, mais les consommateurs que nous sommes préfèreraient largement que les FAI redimensionnent leur réseau ! A noter que ceci ne vaut que pour la restriction en volume, éventuellement la restriction du débit individuel de pointe et la restriction des protocoles P2P et Newsgroups (même si on commence à être trop intrusifs dans les usages des consommateurs). En ce qui concerne la VoIP, le protocole consomme une quantité négligeable de données, il est donc illégitime d’impliquer ce protocole dans ce projet.

b) Premier bloc – Frais d’Accès au Service

« Combien coûte Internet » ? Certainement pas ce que vous payez ! Du moins, la répartition des sommes et le timing sont radicalement différents de tout ce que vous pouvez imaginer, tout comme les modalités de facturation. Ici, je vais vous parler des trois « blocs » de facturation qui sont utilisés dans le marché professionnel. Ce sont donc les vrais coûts, les vraies manières de procéder, sans fioritures commerciales.

Ces modalités sont richement documentées sur le site du FDN :

Passons donc au premier « bloc », les Frais d’Accès au Service. Construire une ligne ADSL coûte de l’argent, car un ou plusieurs technicien(s) intervien(nen)t. Ces frais sont élevés (50 à 100€ à la louche) mais ne sont perçus qu’une fois. Actuellement, dans le commerce envers le particulier, ces frais n’existent plus depuis très longtemps, car c’est pas vendeur du tout. Par contre, ils persistent parfois sous forme de « frais d’activation différée » (Free) ou de « frais de résiliation ». En fait, c’est une perception différée des FAS. Ca joue le double rôle de rembourser les FAI pour la construction de la ligne, et d’inciter le consommateur à rester.

EXEMPLE : On va prendre le cas de Free, avec un abonnement dual play sans dégroupage total à 30€/mois. Le but de l’exemple est de montrer comment les entreprises commerciales transposent les coûts réelles en offres assorties d’un certain marketing.

Frais d’Accès au Service, donc. Ca correspond aux « frais d’activation à perception différée ». « Grâce » à l’action superbement débile d’UFC Que Choisir, tout le monde paie le même montant en résiliant son abonnement Free, maintenant : dans les 45€ quelle que soit l’ancienneté. Ce montant est peu élevé pour des FAS, mais c’est la loi du commerce…

c) Deuxième bloc – Coûts fixes

C’est un peu comme les FAS, sauf que c’est un « petit » montant par mois. C’est pour l’entretien du réseau, les serveurs, les routeurs, etc. Tout le matériel, tous les techniciens, qui permettent l’accès au réseau, quoi. Considérez que pour ce prix, on vous relie à Internet pendant un mois, mais avec 0 octets d’échangés sur le réseau.

EXEMPLE : Chez Free, c’est inclus dans les 30€/mois. En réalité, ça coûte 10€/mois à Free (environ), somme que réclame ces voleurs de France Télécom pour l’usage de la boucle locale du réseau cuivre (qu’ils n’entretiennent que bien peu). Sans compter les coûts internes à Free.

d) Troisième bloc – Consommation de data

C’est exact, la consommation de data est en réalité facturée. Elle l’est à l’aide de la méthode du 95ème percentile. Je ne perdrai pas de temps à réinventer la roue : c’est une méthode qu’on comprend mieux quand on la visualise graphiquement, et de très bons sites le font avec brio !

https://secure.wikimedia.org/wikipedia/fr/wiki/95e_centile

EXEMPLE : En dégroupé, les prix sont très bas car l’opérateur maîtrise le réseau de bout en bout (quasiment). En non dégroupé, les prix sont exorbitants (merci France Télécom). Toutefois, les prix varient à la hausse ces temps-ci, avec l’explosion des services coûteux en data (TV…) et l’expansion du nombre d’abonnés. Cette consommation VARIE selon la personne. Le FAI fait une moyenne : environ 10€ par personne en moyenne en dégroupage. Si vous consommez davantage, ce sont ceux qui consomment moins qui « paient pour vous ».

Je finis en notant que si, en dégroupé, les FAI alternatifs (Free…) font un bénéfice d’environ 10€/mois, en non dégroupé le bénéfice est quasi-nul voire négatif, car les frais France Télécom avoisinent les 30€/mois ! Alors pourquoi vendent-ils ces forfaits (quasiment) à perte ? Car ça leur fait un client en plus, donc un client en moins chez la concurrence ! Ce client, s’il est un jour dégroupé, gardera sans doute le même FAI et commencera à rapporter de l’argent.

Les non dégroupés ne sont pas vraiment la cible des FAI. Ces derniers veulent juste les garder dans leur cheptel, sous la main, pour les migrer plus tard en dégroupé, dès que possible. C’est aussi pour ça que les non dégroupés sont souvent très bridés au niveau des communications (P2P…) : ça coûte déjà très cher au FAI alternatif de l’avoir sans consommation de data !

Petite note pour le P2P, les Newsgroups…Comme je l’ai déjà dit, c’est très consommateur de bande passante : jusqu’à 50% du trafic Internet mondial ! C’est pourquoi ces protocoles sont la cible numéro 1 des FAI et des opérateurs mobile qui filtrent les protocoles en fonction de leur consommation en volume. En effet, comme on vient de le voir, le volume échangé a un prix, et l’idée développée par la FFT a pour but d’économiser beaucoup sur le versant « data ».

7) Quelques sources de confusion
a) Quel rapport avec le « triple play » ?

Pour comprendre à quel point ça n’a aucun rapport, il suffit de se rappeler de ce qu’est une offre « triple play » : il s’agit tout simplement d’une offre cumulant Internet, Téléphone par VoIP et Télévision par Internet dans un même forfait. Les forfaits triple play ont été démocratisés par Free il y a déjà un peu moins de 10 ans.

« Play » #1 : Internet.
« Play » #2 : Téléphone.
« Play » #3 : Télévision.

Pourquoi regrouper les trois ? Car ces trois services passent tous par Internet, dans de tels forfaits. C’est aussi pour cela que le terme « quadru-play » inventé par des opérateurs comme Bouygues Télécom n’a strictement aucune signification : ces opérateurs vendent une offre triple play assortie d’une offre mobile pour un tarif unique. Or, le réseau mobile est complètement distinct du réseau filaire des FAI, il n’y a absolument aucun rapport !

Vous connaissez maintenant la signification du « triple play ». Quel rapport avec notre problème ? A vrai dire, aucun. Le triple play s’est tellement démocratisé que « triple play » est devenu parfois (à tort) synonyme « d’accès ADSL » (ou « d’accès Internet » tout court). Or, le but du projet est bel et bien de viser Internet seul. Au contraire, la téléphonie et la télévision sur IP ne devraient pas être impactés, sauf en cas d’atteinte de la VoIP (quant à la télévision sur IP, il ne s’agit pas vraiment d’un flux provenant d’Internet, les chaînes viennent en fait du réseau interne du FAI qui les récupèrent à la source, c’est une source de broadcast via IP pour économiser une quantité monstrueuse de bande passante – la télévision n’est donc absolument pas concernée par un bridage d’INTERNET).

Si cela se réalise, souscrire une offre dual play (ou « quadru-play ») ne vous sauvera pas.

b) Qui est concerné ?

Les offres concernées sont des offres pour PARTICULIERS. Vous n’avez donc rien à craindre pour votre serveur dédié, ou pour votre site web X ou Y. Pareil pour les sites des services publics, ils ne seraient pas impactés.

c) S’agit-il d’une initiative privée ? D’un projet de loi ? D’une conspiration ?

Il s’agit d’une INITIATIVE PRIVÉE. Aucun rapport avec un projet de loi, un règlement, et encore moins une conspiration mondiale ! D’ailleurs, petite remarque aux adeptes de la conspiration mondiale, la meilleure explication est souvent la plus simple. Mettez ensemble une horde d’humains, dont une bonne partie motivée par le plus de fric possible, et vous obtenez des situations complexes comme celle à laquelle on a affaire. Il ne s’agit pas d’un complot mondial contre les consommateurs, mais juste d’une idée privée pour tondre davantage les moutons qui leurs servent de clients.

Le corrolaire, c’est que le gouvernement ne devrait avoir AUCUN RAPPORT avec tout cela.

Une telle intervention est scandaleuse, tant du côté politique que journalistique. Du côté politique, on se présente comme le Superman de France, qui a la mainmise sur l’intégralité de l’économie PRIVÉE (personnellement, ça me ferait plutôt flipper, mais il paraît que le peuple aime bien les politiciens tout-puissants) et qui peut, sans AUCUNE consultation de ses pairs, sans AUCUNE consultation des citoyens, sans AUCUNE consultation des FAI intéressés, sans AUCUN lien avec lesdits FAI, décréter que ça ne sera pas fait, démentir des faits hors de sa portée. Du côté journalistique, montrer de tels propos sans esprit critique ni contre-analyse est caractéristique de TF1 et de ses filiales.

III – Quelles sont les options à notre disposition ?

1) Pourquoi y penser maintenant ?
a) L’efficacité d’une protestation, c’est aussi une question de timing

Effectivement, rien ne sert de batailler contre un ennemi qui a eu le temps de rameuter des renforts. De la même manière, lutter contre une mesure, contre une loi, ou contre autre chose, quand la chose est déjà entérinée officiellement, c’est la même cause perdue. En revanche, tuer dans l’oeuf une mauvaise idée est tout à fait faisable. Cela a déjà été fait de nombreuses fois, dans l’ombre.

b) L’habitude française de combattre après la bataille – médias inclus

Si les médias traditionnels se souciaient vraiment d’informer la population, ils n’arriveraient pas après la bataille – comme ladite population. L’exemple le plus percutant est celui de la loi HADOPI. Combattu sévèrement sur Internet dès son annonce, le projet de loi a pris du plomb dans l’aile grâce à ses détracteurs extraordinairement virulents sur le web. Néanmoins, TOUS les médias traditionnels (télévision en tête) ont fait l’impasse totale sur ce projet de loi, le nombre de personnes informées était élevé dans l’absolu, mais faible relativement. Internet a montré son potentiel, mais sans le développer. Or, une fois la loi votée, même TF1 a couvert l’évènement (en faisant certes l’impasse sur les très nombreuses critiques, et en montrant un hémicycle plein à craquer là où il n’y avait qu’une douzaine de députés – « erreur au montage », ont-ils prétendu ensuite, une erreur renouvelée sur des sujets sensibles). La population a pu savoir. Mais trop tard. Dans la culture française, abroger une loi est vécu comme un terrible échec, ça ne se fait donc jamais (on utilise plutôt des surcouches juridiques).

c) Implication et fiabilité des médias traditionnels ?

Soyons réalistes, dès qu’il s’agit de sujets sensibles dans les nouvelles technologies, les médias traditionnels sont muets, plus enclins à enfoncer Internet et les jeux vidéos lorsque c’est possible. Même dans des sujets d’une importance capitale comme la 4ème licence 3G, c’était quasiment le silence radio. Combien de français savent que dans un an, un compétiteur agressif arrivera sur le marché du mobile ?

En ce qui concerne la fiabilité de ces médias, disons qu’elle permet d’exclure un fake quand on retrouve la même information sur plusieurs grands médias. Gardons tout de même une certaine retenue, le 15-18 lui-même est déjà arrivé à berner ces fameux médias, certes pas très longtemps.

Ne vous cantonnez jamais aux médias traditionnels, utilisez Internet. Mais restez sur les sentiers battus, ou visitez les médias alternatifs (MediaPart…), et par pitié, laissez tomber les sites conspirationnistes et autres fdesouche (quoique, pour ce dernier site, toutes les informations sont vraies et sourcées, mais il en fait une agrégation…admirablement…partisane).

2) Protestation ? Résistance ?
a) Pétitions ?

NON, votre 48765ème pétition en ligne ne changera RIEN ! Soyez réalistes, votre petite pétition à 100 signatures anonymes n’a AUCUNE valeur ! En dehors des grandes pétitions nationales organisées par des groupes de pression (et encore…), ce genre d’initiatives n’a JAMAIS payé et risque même de servir des intérêts personnels !

CESSEZ DE GASPILLER DE L’ENERGIE AVEC CELA !

b) Pages FaceBook ?

Même remarque, exactement. A la différence près qu’une page FaceBook peut servir non pas de pétition en ligne, mais de page d’information. Ca peut alors avoir un intérêt, dans ce cas.

c) Actes plus extrêmes ?

Restez sérieux deux secondes, merci…Quand je vois certains parler de terrorisme ou de suicide par rapport à cette idée de la FFT, ça me fait doucement sourire…Pourquoi pas invoquer Chuck Norris, pendant que vous y êtes ?

d) Information des gens !

C’est CECI le véritable moyen de changer peut-être les choses. C’est lent, laborieux, on ne voit pas de progrès, et ça peut tout à fait échouer, mais informer les gens reste la meilleure manière de déclencher indirectement un contrepoids de taille, de loin.

C’est ici que les gadgets peuvent être précieux. FaceBook, Twitter, Google+, autant d’outils qui permettent de propager une information en un temps record. Tout comme le 15-18, d’ailleurs.

Les décideurs (tels que les gros médias) ont besoin « d’audimat ». La bonne façon d’en faire est de répondre aux attentes de personnes bien informées, en catalysant leurs exigeances. L’effet d’une méga-pétition, en gros.

3) Changer ou non de FAI ?
a) Si ça se concrétise

Dans ce cas, inutile d’enfoncer les portes ouvertes ; il s’agira de boycotter les FAI qui appliqueront la mesure. Par exemple, si Free refuse de participer, cela peut-être l’occasion de résilier en leur faveur, de s’inscrire chez eux.

Il reste aussi la possibilité des FAI associatifs en dernier recours. Mais même si j’admire ces structures, les rejoindre me paraît trop complexe pour vous. Il faudra y songer seulement lorsque tous les FAI commerciaux seront indignes d’être alimentés par votre compte bancaire. En toute honnêteté, si Free n’existait pas, je serais peut-être chez un FAI associatif type FDN à l’heure actuelle.

b) Dans le cas contraire

Vous vous dites certainement que vous pourrez rester alors chez votre FAI tondeur favori.

« Oui, mais… »

c) Consommation intelligente

C’est la conclusion de mon propos.

Souvenez-vous de mon passage sur la philosophie inhérente à chaque entreprise. Ce n’était pas anodin. Avec les déboires récents qu’on traverse (la crise…), on oublie parfois que l’idéal capitaliste consiste à placer le client dans la position du roi. Un roi éclairé qui dicte ses choix aux entreprises, à sa botte. Entreprises qui rivalisent entre elles pour mieux servir leur roi. On est bien loin de ce modèle, dans la réalité, malheureusement.

La faute aux entreprises ? Pas vraiment. Le cadre légal est toujours en faveur du consommateur. Un revirement de sa part pour le choix de son fournisseur de services, de marchandises, etc, et cela bouleverserait le plus solide des oligopoles, tant qu’un concurrent digne de ce nom, même challenger, est présent.

Je vous rappelle que je ne suis pas là pour vous dicter vos opinions, vos choix. Mais je vous invite à agir EN TOUTE CONNAISSANCE DE CAUSE. La « consommation intelligente ». J’aurais pu reprendre d’autres formules, comme la « consommation citoyenne », la « consommation responsable », mais ils ont été pervertis par des groupes d’intérêts et sont souvent infantilisants.

Comme je suis très prétentieux, je me cite : « La différence entre le consommateur et le con-sommateur, c’est qu’à services et prix relativement équivalents, le premier pondère son choix en fonction de la politique de l’entreprise choisie, tandis que le second n’écoute que les « potes » et les spots de pub à la TV. »

AVIS PERSONNEL : Prenons l’exemple d’Apple.

Cela en dit long sur la philosophie de l’entreprise, selon moi, qui a bien changé depuis les années 90.
C’est MON analyse. D’autres verront Apple comme le gentil. C’EST LEUR CHOIX. Je le respecte.
Je ne respecte PAS ceux qui ne font tout bonnement pas de choix, qui se contentent de suivre.

L’important, ce n’est pas d’avoir le même avis que moi, mais d’être rationnel(le). Vous pensez quasiment tous que cette initiative est honteuse. Pourtant, nombre d’entre vous continuent d’engraisser ceux qui ont pondu une telle idée. C’est loin d’être leur seule idée foireuse ! Cela montre bien leur philosophie d’entreprise, tout comme les vieilles offres d’Orange.

Si vous pensez que cette philosophie d’entreprise ne mérite que la faillite, n’engraissez pas ceux que vous ne tolérez pas. C’est aussi simple que ça.

Vous pensez sans doute que je pars dans l’idéologique, dans le personnel. Et le concret dans tout cela ? Bien. Laissez-moi vous exposer MON analyse (là encore, elle est PERSONNELLE, vous pouvez avoir une grille de lecture radicalement opposée, libre à vous) relative à Free et aux autres opérateurs de télécoms.

Free, via Free Mobile, risque de chambouler le marché du mobile. Les « gros » opérateurs mobile, qui tirent l’essentiel de leurs bénéfices de cette activité, sont acculés. Ils ne le montrent pas, mais ils craignent ce concurrent agressif.

Les multi-pack, les « offres carrées » de SFR, le B&You (foutrement attractif) de Bouygues…Ca pue les tentatives désespérées pour retenir les consommateurs avides de prix moins chers. Mais si ça marche, les prix vont repartir à la hausse. C’est pas durable et responsable, de souscrire à de telles offres. Les concurrents de Free tentent de le massacrer dans l’œuf, pour le couler « lorsqu’il est encore temps ». Pour cela, il prennent des mesures radicales en faisant des sacrifices énormes pour les consommateurs, dans le but de priver Free de ressources. Mais comme je l’ai dit, c’est déraisonnable de souscrire à de telles offres, car si tout le monde fait ça, la tactique des gros opérateurs aura marché, Free aura coulé…et les gros auront de nouveau les mains libres ! Et si vous croyez qu’ils continueront alors dans leur lancée concurrentielle, vous vous fourrez le doigt dans les fesses !

4) Le mot de la fin

Voilà, merci d’avoir lu (ou pas). C’est l’analyse personnelle dAnonymous59, son explication. Néanmoins, en dehors de la conclusion de son propos, quasiment tout ce que il a rédigé est étayé par des faits solides comme du béton. Vous restez toutefois libre de commenter cette analyse.

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